Fotografare in un museo II

La photo au musée : on n’y voit rien ! di Neville Rowley, in Culturevisuelle.org

Howard - 2007Ce constat, somme toute banal, incite surtout à discuter la célèbre thèse benjaminienne de la « perte de l’aura » des œuvres d’art, du fait de leur reproductibilité technique. Plutôt que de s’être perdue, l’aura semple s’être déplacée. Elle n’est plus tant dans la contemplation de l’œuvre en tant que telle (« unique apparition d’un lointain, si proche soit-il », selon la magnifique formule de Benjamin), que dans la recherche de sa forme idéale, cette peinture parfaite et sans reflet que nous promet la photo « officielle », celle de la carte postale, de l’illustration du livre ou de l’image numérique sur le site du musée. C’est cette forme-là, platonicienne, que le spectateur recherche avant tout ; c’est celle-là qu’il veut prendre en photo – une tâche que, dans bien des cas, il ne pourra mener à bien tant diffèrent l’image réelle de l’image rêvée (ne serait-ce, dans le cas des Courbet, que du point de vue idéal à adopter, bien trop surélevé pour une taille humaine).

Il ne s’agit pas de critiquer le regard sur la peinture à l’ère du numérique, de dire que « c’était mieux avant ». Admettons seulement que, malgré nous, ce que nous aimons le plus souvent, dans les tableaux, c’est leur photographie idéalisée – et donc faussée.

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